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Dynam’hit ce n’est pas que de la radio, c’est aussi du grand reportage. Toujours là où il faut être, notre équipe écume clubs et salles de concert, se promène dans les ruelles obscures et fouine toujours plus loin à la recherche de bonnes surprises. Cette fois-ci on pousse le vice jusqu’à prendre le même train que Shurik’N, l’une des figures centrales du groupe IAM ... Passé l’effet de surprise et une certaine fébrilité (L’école du micro d’argent a quand même été la B.O de nos années collège), on se lance. Ca donne une interview détendue dans laquelle Shurik’N évoque ses références, IAM et leur prochain concert au Caire…
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L'interview...
Dynam’hit : Quels sont tes cinq albums de référence ?
Shurik'N : Il y en a plein à citer… Exodus de Bob Marley, Songs in the Key of Life de Stevie Wonder, le premier album de Naas, un album de John Littleton (chanteur considéré comme l’ambassadeur du Negro Spiritual en France)... Il en manque un ? Il a tellement d’albums qui m’ont marqués! On va dire The Chronic de Dre.
D : Une musique pour séduire ?
S : Houla ! Je ne sais pas, là aussi il y a pas mal de chose… (Il réfléchit). Je ne suis pas trop dans ce genre de trucs. Disons un morceau de Stevie Wonder, pas un en particulier, il y en a plein !
D : Ta radio de référence ? Sachant que tu ne connais pas encore Dynam’hit…
S : Sachant que je ne connais pas encore votre radio… Et bien je suis très Ipod, cd… Pas trop radio en fait.
D : Si tu devais te réincarner en rock star, tu choisirais qui ?
S : Me réincarner en rock star?
D : Disons si tu devais choisir un chanteur dont tu aurais aimé faire le travail, un artiste que tu écoutes en te disant « J’aurais voulu écrire ça ».
S : Je dirais des gens comme Naas, Marley, Wonder…
D : Ils ont l’air d’être au panthéon de tes références…
S : C’est tout à fait ça. Ca revient dans mon travail, Marley surtout.
D :Tu peux nous parler un peu de l’actu chargée d’IAM ?
S :On travaille énormément en ce moment. Il y a eu la BD (Impérial Asiatic Men, parue aux éditions Clair de Lune) et maintenant on est dans le planning du grand concert qu’on va faire au Caire. Là on est en pleines répétions. (Pour fêter ses vingt ans, IAM donne le 14 mars un concert au pied des pyramides avec les musiciens de l'opéra du Caire).
D :: Pourquoi le Caire? La référence à l’Egypte est toujours aussi omniprésente dans votre travail…
S : L’Egypte c’est avant tout une passion commune. L’histoire, les mythes… Le mois dernier on a fait notre premier voyage là-bas, on est allé tous ensemble au Caire pour préparer le concert. L’Egypte ancienne est vraiment une civilisation qui nous attire.
D :Content du voyage ?
S : Super content. On a adoré visiter les temples. Par contre le Caire c’est pas la ville où je pourrais vivre: 25 millions d’habitants dans une ville en extension, tu as tout compris, c’est l’enfer! Ce qui est curieux c’est que là-bas les gens ont conscience de l’histoire de leur pays, mais on a dirait qu’ils se demandent pourquoi tout ça a tant d’attrait pour nous. Et puis tu perçois la tension qu’il peut y avoir: tu as des militaires partout et pas avec des armes de dissuasions, ce sont des mitraillettes! Tu sens qu’ils ont des ennemis à l’intérieur et à l’extérieur. Mais on était super content d’aller là-bas. C’est très différent de ce qu’on connaissait, très différent du Maroc, de la Tunisie…. Par exemple dans ces pays il y a une vraie tradition culinaire, l’un des piliers d’une culture c’est quand même la gastronomie… Et bien en Egypte tu manges que Libanais ! Pourtant c’est une société qui découle d’une culture immense. C’est vraiment un autre Orient.
D : En dehors du concert, tu peux nous parler un peu du travail des membres d’IAM?
S : On bosse pas mal tous ensemble en ce moment, mais aussi beaucoup à l’extérieur. De mon côté j’écris pour d’autres gens, des artistes qui chantent. Le chant c’est par là que j’ai commencé grâce à mes parents, là j’y reviens en écrivant pour d’autres, comme Saïd dont je prépare l’album (le chanteur marseillais, qui a dernièrement fait la première partie de John Legend, sort prochainement son premier album « De Swing et de Soul »).
D : On a l’impression qu’IAM est un groupe avec beaucoup de ramifications, tant au niveau des contacts avec d’autres artistes que des expériences …
S : La diversification – la production, la BD, les collaborations...- c’est venu avec le temps. Tout ça découle surtout d’un grand besoin de créer. IAM c’est comme ça, on est tout le temps en train de bosser. On est un peu boulimiques de travail!
D : Avec le temps, le succès, beaucoup de groupes se délitent. Dans le rap, des groupes formés à peu près en même temps que vous ont connu pas mal de problèmes (NTM, Ministère A.M.E.R…). Quel est le secret d’IAM pour rester soudé ?
S : Il n’y a pas de secret, on ne sait pas ce qui va se passer l’an prochain… Mais c’est sûr qu’il y a des liens entre nous qu’on évoque d’ailleurs dans notre travail. Aujourd’hui ce sont même des liens familiaux, chaque membre est devenu le parrain des enfants de l’un ou de l’autre. Et bien sûr il y a l’amitié. Ca fait 20 ans quand même…