Commençons par quelques informations en vrac : Yura Yura Teikoku est un groupe de rock garage psychédélique japonais formé par 3 individus, Me no Car est un album sorti en 1999. Il suit une perle du genre, 3x3x3, des même auteurs, datant lui de 1998. Assez prolifiques dans les années 1990, Yura Yura Teikoku est l’antithèse du courant majeur consistant à dire que le rock s’est éteint entre 77 et 2001 (si l’on écarte le grunge, courant bâtard, commis par un abruti aux tendances suicidaires).
Si je me permets aujourd’hui de chroniquer un album vieux de 10 ans, c’est pour la simple raison qu’il n’a jamais été édité en France. Peu ont donc eu la chance et le privilège d’être rencardés sur ce groupe que chaque amateur de musique devrait avoir sur son lecteur MP3 (au moins). Je veux réparer ce préjudice (ça, c’est mon côté défenseur des droits de l’Homme)
Je comptais dresser un bilan général de l’album en fin d’article mais il est probable, voire même certain que je vous le colle en pleine gueule dès maintenant : Me no Car est et sera à jamais mon disque préféré. Parfait de la première note à la dernière, parfait dans les enchaînements des morceaux, dans son rythme global, parfait également dans sa narration psychédélique et ses sons travaillés. La guitare sonne comme après un apéro chips, la batterie semble enfermée dans une cave à vin, et les basses sont plus groovy et affolées que jamais un album de rock psychédélique ne l’avait tenté auparavant.
Plus troublant encore, le chanteur, Shintaro Sakamoto réussit à faire sonner une langue nouvelle du Lock’n Loll (au Japon, on ne prononce pas les "R") : le japonais. Je m’avoue en général assez réticent face aux langues alternatives du rock, que sont par exemple le turc ou le wisigoth, et préfère largement l’anglais qui m’est plus familier. Le chanteur, encore lui, guitariste de son état s’autorise régulièrement des délires hendrixiens : et en live, pour les avoir vus, il y a largement de quoi vous annihiler un tympan, voire deux. Il cramponne sa guitare (par convention une Gibson SG pour les connaisseurs), la martyrise, joue des notes improbables, tout en étant amplifié sur deux têtes Orange d’époque.
Mais le véritable phénomène du groupe, c’est le bassiste. Chiyo Kamekawa, ficelle rectiligne aux cheveux mystérieux de son état, peut être considéré comme l’un des grands génies de la musique post-moderne. Répétitives, rythmées, parfois funk, souvent hard-psyché, les lignes de basse du Monsieur sont toujours hypnotiques et capables de nous emmener vers des cieux musicaux encore jamais atteints. Et en plus, c’est pas du pipo.
A tous les fans de Rock Garage, de Psyché, mais aussi de Soul, de Hip-Hop, de Funk, de Pop (car étonnamment, les Yura Yura Teikoku sont très pop sur Me no Car), à tous les fans de musique, je vous recommande cet album indispensable : une perle des années 1990 auquel vous devez absolument vous intéresser sous peine d’être exclu, vous, et toute votre famille, de ma friend-list Facebook et Twitter dans la minute.
Le site officiel, c’est par là : http://www.yurayurateikoku.com/ mais comme c’est en japonais, je vous conseillerai plutôt d’aller par ici, ou encore par là.
Quelques fausses vidéos de qualité Youtubienne pour essayer de vous convaincre en 28 secondes.