« J’ai joui ». Voila qui pourrait être le plus court live report de l’histoire et le plus véridique à la fois. Imaginez ! 6 ans d’absence à Paris, 6 ans de silence à se repasser les vieilles machines à émeutes que sont New York City Cops, Someday, Heart in a Cage & co. L’annonce du concert des Strokes en avril avait provoquée une vague d’hystérie collective au sein de Dynam’hit, anciens comme nouveaux. Pas suffisant néanmoins pour que je prenne ma place, mal baisé que je devais être ce jour là. Mais Dieu merci le marché noir existe, et ce n’est donc pas franchement avec l’impression d’avoir fait l’affaire du siècle que j’ai retrouvé mes compagnons de débauche au Zénith.
Et même pas le temps d’adresser un petit revers du majeur à la Villette, usine à hype vomitive, Ed Banger en tête, nous avons rendez-vous avec l’Histoire !
Bière et première partie, combo classique. Les Cribs nous imposent trois bons quarts d’heure d’un set d’une médiocrité affligeante. Qu’on les ait programmés en première partie des Killers, ou de n’importe quel concert peuplé de manchots en t-shirt U2, d’accord, mais pas là. Passé cet épisode douloureux, on s’active à changer la scène. Pas question biensur de partager ne serait-ce qu’un seul spot avec la première partie quand on s’appelle The Strokes !
Finis les derniers réglages, noir, puis arrivé des 5 garçons. Qu’on soit un homme ou une femme, gay ou hétéro, personne n’a pu assister à cette entrée en scène les hormones à leur place. Chacun à son instrument, les premiers claps de batterie, New York City Cops, c’est parti ! S’en suit une percé héroique jusqu’aux premiers rangs. Autant ne pas s’encombrer des quelques prépubères un brain affolés, qui en ce jour de sortie de Is This It en 2001, se faisaient encore changer leurs couches par leur nourrice.
Le Zénith est en saut synchronisé pour accueillir Reptilia et la mythique partie de guitare de Nick Valensi. Albert Hammond Jr. a comme à son habitude un swag surhumain, telecaster blanche fidèlement vissée à hauteur de la poitrine. Vissé lui aussi Nikolai Fraiture. Au sol, pieds joints. Machu Picchu, The Modern Age et Is This It, on remonte dans le temps avant l’enchainement Life Is Simple Under The Moonlight, énorme conclusion d’Angles, et l’imparable et orgasmique Someday.
Dommage que la setlist compte You’re So Right que nous aurions bien échangée contre Heart In A Cage ou Vision Of Division. Le concert est d’une grande propreté, les Strokes savent encore jouer ensemble et les automatismes sont toujours là. Le son, quoi qu’en disent les langue-de-putes, n’est pas trop mauvais. Julian Casablancas, sans être éblouissant, livre une solide prestation, la voix juste et posée, ce qu’il faut en fait pour conforter son statut de sex-symbol des 00’s. Last Nite vient conclure le set, avant le procédural rappel.
Automatic Stop (bien trop sous-estimée) Hard To Explain et Take It Or Leave It pour le rappel donc. On ne pouvait pas rêver meilleure conclusion, et c’est au mental qu’on se jette dans la bataille finale. Larsen et jeu de lumière épileptique pour mettre un terme à un peu plus d’une heure de concert. Le Zénith vient de survoler la décennie passée en criant sur chacun des tubes qui nous ont été balancé en pleine figure. Ce n’est pas une claque, mais une véritable dérouillé que nous venons de prendre !