Panne d’intro, pas d’inspiration. J’ai cherché toute la nuit une vanne en “rose”, mais je n’ai pas pu en trouver une qui soit à la hauteur du capital sympathie de ce premier album de The Big Pink.
Robbie Furze et Milo Cordell sont anglais et ont tout deux commencé par travailler pour des labels indépendants, où les Klaxons et les Crystal Castles, dont nous reparlerons, avaient fait leurs premières armes. En Octobre 2008 sort un premier single Too Young to Love, mais c’est en Février 2009 qu’ils signent chez 4AD, label indépendant d’outre-Manche, où l’on retrouve nos amis de TV on The Radio. Quelques mois s’en suivent, parsemés par de sorties single remarquées, Velvet (dont Gang Gang Dance a fait un sacré remix), puis Stop the World, absent de l’album final, et enfin Dominos, quelques jours à peine avant la sortie de cet opus.
J’ose l’impossible en qualifiant The Big Pink comme une rencontre assez improbable entre Indochine et les Crystal Castles. Oui je n’ai pas peur en affirmant que ce groupe pourrait bel et bien avoir des liens de parenté avec la musique de ces deux formations diamétralement opposées. On y retrouve l’obsession morbide du désamour, la tendance au spleen et aux grandes balades mélancoliques, mais servies avec du son saturé et des guitares électrisées qui perdent tous sens de la réalité dramatique du monde. Dit comme cela c’est un peu pédant, mais c’est pourtant ce que l’on ressent à l’écoute de ce rose CD.
Comme la mode est à l’électro-pop, on pourrait s’attendre à un remaniement plus ou moins adroit des recettes qui marchent bien en ce moment. Or là où The Big Pink surprend, c’est dans cette capacité à faire de la pop avant tout, à résister au chant des sirènes électroniques qui gangrènent parfois trop la popular music que l’on aime tant. Avec A Brief History of Love on écoute de la vrai pop, comme avec le titre Count Backwards From Ten, qui prend parfois des accents de Placebo (à leur débuts). Les textes ne sont, effectivement, pas tous joyeux, mais c’est un désespoir qui sert à merveille une musique qui sonne juste et puissamment.
Cet album ne plaira, pourtant, presque pas à tout le monde, tant il peut parfois déconcerter son auditeur, par son style prononcé et son parti pris auditif. C’est cependant ce que l’on aime à Dynam’hit, quand la musique nous déconcerte.