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27 janvier 2011
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Talib Kweli - Gutter Rainbow

par  Maxime P.

Déjà plus de dix ans que Talib Kweli, produit made in Brooklyn, traîne sa carcasse dans le milieu du Hip Hop alternatif. D’albums en mixtapes, c’est qu’il s’est construit une solide réputation, le garçon.

Après un dépucelage partagé avec son bro’ Mos Def en l’an de grâce 1998 (sur l’album commun Black Star, réussite totale), pas moins de quatre albums solo et deux albums sous l’étiquette de Reflection Eternal (le groupe qu’il forme avec le très « Cincinnati Kid » Hi-Tek) auront permis à notre ami d’installer ses guêtres au sommet de la scène US underground.
En ce 25 Janvier, un mois précisément après Noël, voici qu’il nous revient avec son cinquième album solo, le très sobrement intitulé Gutter Rainbow (littéralement Arcs-en-ciel des bas fonds, pour ceux d’entre vous qui n’auraient pas leur TOEFL).

Ici, point de production Hi-Tek, point de featuring Mos Def : au détriment de ses partenaires traditionnels, Talib a décidé d’étendre son réseau, en faisant appel à des producteurs tels que S1 (Power de Kanye West, c’est lui) et Marco Polo, bien connu des amateurs de la scène new-yorkaise actuelle.
Pour autant, on reste dans du Hip-hop, du vrai, de l’exigeant, du nostalgique même. Du minimaliste, diront les mauvaises langues. Les productions font dans la sobriété, c’est souvent efficace mais c’est parfois très quelconque (Palookas, Self Savior). La personnalité musicale de celui qui était considéré il y a peu comme l’un des rappeurs les plus rapides du circuit US est bien présente, et les motifs de satisfaction ne manquent pas : So Low et son refrain chanté enivrant, le très « Put a smile on your face » Mr International, les notes de piano du politique Cold Rain.
Gros véto personnel sur I’m On One : non, Talib, tu n’es pas fait pour l’égotrip massif. Quand au coup de cœur, il ira cette fois ci vers le touchant How You Love Me qui nous prouve, si besoin était, que Kweli est aussi un songwriter de haute facture.

Après une année 2010 réussie, marquée par le remarquable deuxième album de Reflection Eternal et un passage en guest à Marsatac, Talib Kweli poursuit son chemin. Un peu plus anecdotique que ses précédents albums solos, Gutter Rainbows n’en reste pas moins un bon opus, et l’un des premiers arcs-en-ciel de 2011. Putain de dérèglement climatique…

PS : les rumeurs d’une possible reformation du duo Black Star se multiplient actuellement sur la toile. Affaire à suivre de très, très près…

PS2 : comme vous êtes gentils, le (très beau) clip de Cold Rain. Enjoy.

1 Commentaire(s)

Tom C. 27 janvier 2011 21:08

Je n’aurais pas fais mieux, super chronique. Merci Max !

 

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