Il y a des albums que l’on n’attend plus et qui finissent par arriver, un jour, à l’improviste : celui de Soko, I Thought I Was An Alien, en fait partie.
C’est en 2007 que l’on découvre la jeune française : quelques morceaux sur le net et la folie Soko est enclenchée. Son premier EP, Not SoKute, sort en 2005 et elle enchaîne les concerts, en France comme à l’étranger. Acclamée et réclamée par tous, elle se lance même dans la préparation d’un album, au cours de l’année 2009.
Mais malgré cette ascension vertigineuse, la jeune femme garde la tête froide et décide, pour quelques temps, de s’éloigner de la sphère musicale. Elle se consacre alors à sa carrière cinématographique, et son rôle dans le film A l’origine de Xavier Giannoli, lui vaut même, en 2010, une nomination aux Césars (meilleur espoir féminin).
Il aura donc fallu attendre le 20 février 2012 pour mettre fin au mystère et pour que sorte enfin le premier album de la chanteuse. Et n’avoir pas cédé à la facilité et aux paillettes, est certainement la plus grande force de Soko : une force qui lui permet aujourd’hui de nous présenter un album aussi émouvant qu’authentique.
Au fil des chansons, Soko nous invite à entrer dans son univers. C’est avec un petit accent frenchy des plus charmants qu’elle chante en anglais et nous murmure ses paroles à l’oreille. Sous des airs faussement brouillons, les mélodies sont délicates et travaillées. On pense aux débuts minimalistes et enlevés de Cat Power ou encore à l’antifolk lo-fi et dépouillée des Moldy Peaches : des références de qualité donc, mais pour autant, Soko parvient à imposer un ton et un style bien à elle.
Soko nous guide à travers ses pensées et ses interrogations sur cet album touchant et mélancolique. Une belle réussite qui méritait bien cette longue attente.
Quelques extraits :