Si vous comprenez quelque chose au délire onirique dérangé des derniers films de David Lynch ( Mulholland Drive, Inland Empire), vous saurez peut être alors apprécier son premier album officiel Crazy Clown Time sorti le 7 novembre dernier.
Sur cet album qu’il a lui-même produit et écrit, Lynch chante et joue de la guitare ou plutôt, il « produit des effets sonores » ; voix distordues, accords qui stridulent, gémissements féminins, bien qu’inspirée par le blues d’Hendrix et de Vaughan, le son lynchien reste malsain. On reconnaît la voix de l’invitée Karen O (chanteuse des Yeah Yeah Yeahs) sur le morceau Pinky’s Dream, claustrophobique à souhait.
Le titre de l’album (Crazy Clown Time) qui parle du monde d’aujourd’hui est au final parfaitement choisi. Ecoutez un morceau sous hallucinogènes et vous n’en ressortirez pas indemnes, et pourtant on finit par se laisser embarquer par l’étrangeté de la musique comme par celle d’un clown … schizophrène.