Cloud Nothings, c’est un petit groupe de Cleveland complètement imprévisible. Après nous avoir livré fin 2010 une première compilation des enregistrements, made in La-Cave-Des-Parents, Turning On, génialement insolente, puis un album éponyme plutôt raté, on ne savait pas trop sur quel pied danser avant la sortie de Attack On Memories. En attendant sa sortie officielle, le 6 février, on le chronique :
Ce qui frappe d’entrée : la production. Le groupe, qui nous avait plutôt habitués tantôt à du binaire épileptique tantôt à du punk californien trop produit, semble avoir trouvé un équilibre. Confiée à Steve Albini (Nirvana, Pixies, PJ Harvey, …) elle confère à l’ensemble des sonorités mollement distordues mais efficaces, en gros : Tout ce que les années 90 avaient pondu de mieux, entre autres merdes intergalactiques comprenant Canadian Tuxedos, punk douteux, et séries AB Production.
Le style change. Ce n’est plus du garage brouillon, ni même du punk de lycée, mais plutôt les sons de Sonic Youth violé par les gros Pixies. Appelez ça comme vous voulez, post-punk, post-rock, post-dubstep ou post-ta sœur, c’est cool.
No Future/No Past ouvre l’album à contre temps. Du piano à un doigt et la voix nasillarde de Dylan Baldi qui donnent un truc à faire se pendre la pire race d’émos dépressifs. Ça laisse curieusement indifférent. L’album n’est pas spécialement égal, ni logique, mais néanmoins sans erreur évidente et avec quelques tracks magistrales. On pense notamment aux 9 minutes épiques de Wasted Days : Un bijou.
Un seul petit bémol, No Sentiment, 3 :37 impénétrable par moment. Fall In, Stay Useless et Cut You sont des modèles d’insouciance, bien à l’image du petit Baldi, qui n’a pas l’air de prêter une seule seconde l’attention à ce qui se passe dehors. Enfin quelqu’un qui nous sert autre chose qu’une mixture révolutionnairement chiante. Les hipsters pourraient ne pas porter de slims que Baldi n’en saurait rien. L’album est très court, huit tracks qui ressemblent plus à un EP qu’un véritable album. Mais au rythme de trois albums en un an et demi, ils sont excusés. Pour résumer : Thumbs up !
Et en bonus : Le clip juste en dessous et une interview, là :